Alternative Libérale Etudiants Lorraine

Voici quelques réflexions des adhérants d'ALE à Nancy. Vous y trouverez aussi notre agenda pour nos cafés et diverses réunions publiques. L'intégralité des propos tenus sur ce blog engage uniquement leurs auteurs et en aucun cas Alternative Libérale : c'est la liberté d'expression que nous prônons.

8 nov. 2006

500 signatures et autant d'obstacles

Depuis la loi organique n° 76-528 du 18 juin 1976, chaque candidat à l'élection présidentielle doit présenter devant le Conseil Constitutionnel 500 signatures d'élus d'au moins trente départements et sans que plus de cinquante signatures proviennent du même département.

L'idée est bonne, puisqu'elle éloigne de la candidature à la présidence de la République ceux dont le point de vue n'apporte rien de nouveau à la politique (pour n'en citer aucun). Loin d'être anti-démocratique, cette mesure permet de recentrer le débat et d'éviter trop de manipulations autour du "vote utile" lors de l'élection au premier tour. Dans un système politique bipolarisé, elle a sa place, car elle permet de voir s'affronter les deux grands, sans vraiment empêcher (malgré l'absence d'élection de l'Assemblée Nationale à la proportionnelle) de faire connaître quelques courants politiques aux idées radicalement nouvelles (dont, soit dit en passant, je ne suis pas peu fier de faire partie).

Du moins elle l'était.

En 1974, le FN n'avait obtenu que 0,74% des vois. Mais l'absence de projet politique de la part des deux partis majoritaires a conduit de nombreux électeurs désorientés au vote contestataire.
C'est pourquoi, tout au long long de la V° République, les partis politiques majoritaires ont voulu lutter contre la montée des partis extrêmistes. Mais ils l'ont fait avec des moyens institutionnels, anti-démocratiques, au lieu de remettre en cause leur ligne directrice. Et la dernière réforme organique en date n'y a pas échappé : désormais, les signatures et l'identité de leurs auteurs seront publiées.

Censée décourager les maires de signer pour le Pen, cette mesure va, comme souvent, à contre-sens.

D'une part, elle ne luttera jamais aussi efficacement contre le Front National que si l'on le laissait s'exprimer, que si l'on pouvait débattre franchement de ses idées, et donc les contredire. On ne le fait pas actuellement et l'obscurité est la meilleure des armes en politique. Ségolène Royal baisse dans les sondages actuellement, et pourquoi ? Parce qu'elle passe d'une absence de programme à un programme qui, maintenant débattu, a des raisons d'être déprécié.
D'autre part, et c'est le plus important, parce que la publicité des signatures est totalement anti-démocratique : elle oblige tous les élus des gros partis à ne pas disperser les voix, et prive du débat public beaucoup d'idées qui mériteraient d'être entendues.

Alternative Libérale demande le libre choix pour les citoyens français, et cela passe par la liberté des maires de donner leur signature à ceux qu'ils veulent, sans craindre de représailles de la part des conseils généraux, régionaux, ou des structures politiques nationales ; et par la liberté d'expression, qui, en politique en France, n'existe toujours pas au niveau parlementaire, et n'est maintenant même plus préservée par l'élection présidentielle.

Libellés :